Ce lundi matin, Kinshasa est secouée par une grève des conducteurs de transport en commun qui protestent contre la nouvelle grille tarifaire imposée par le gouvernement provincial. Dès 6h30, les rues de la capitale congolaise se sont vidées de leurs habituels taxis et bus, tandis que de nombreux passagers se retrouvent bloqués dans l’attente de solutions de transport alternatives. La situation est particulièrement tendue autour de l’Université Pédagogique Nationale (UPN), un des points névralgiques de la ville, où l’absence de véhicules rend les déplacements difficiles pour les étudiants et les travailleurs.
Le gouvernement provincial, dans une démarche visant à réguler les prix du transport, a décidé d’ajuster les tarifs des trajets urbains. Toutefois, cette mesure n’a pas été bien accueillie par les conducteurs, qui estiment que les nouvelles tarifications nuisent à leur rentabilité, déjà affectés par les multiples embouteillages et le coût élevé de la vie à Kinshasa. Selon les syndicalistes, cette nouvelle grille tarifaire ne prend pas en compte les réalités du terrain, notamment l’état des routes, le prix du carburant à la pompe qui demeure quand même assez élevé et les autres charges imprévues auxquelles les conducteurs sont confrontés au quotidien.
Les consommateurs finaux se disent victimes d’une mauvaise politique de transport en commun en RDC et d’un gouvernement très faible face aux particuliers qui assurent les déplacements de la grande partie de la population Kinoise. Avec plus de 17 millions d’habitants, les voies routières ne sauront pas supporter tous les mouvements des Kinois qui se déplacent au quotidien. C’est pourquoi, le Mouvement National des Consommateurs Lésés rappelle aux décideurs l’importance d’installer les lignes des métros et autres voies de transport dans la capitale. Faute de quoi, le gouvernement sera toujours faible face aux particuliers qui assurent le transport en commun et qui fort malheureusement, font la loi.
Face à cette grève, le MNCL demande au gouvernement provincial, par la voix de son ministre des Transports, de lancer une série de négociations pour trouver une solution équilibrée entre les intérêts des conducteurs et ceux des usagers. Cependant, la tension reste palpable, avec des risques de prolongation de la grève si aucune issue n’est trouvée rapidement. En attendant, de nombreux Kinois se voient contraints de recourir à des moyens de transport informels, souvent moins sûrs, ou de se résoudre à des heures d’attente dans des stations de taxis bondées.
La situation de ce lundi pourrait marquer le début d’une série de revendications sur le prix du transport, un secteur clé de l’économie urbaine à Kinshasa.

